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Histoire

Chapitre premier : le Temps des Origines

Avant la Grande Anomalie, l'univers n'existait pas ; il n'existait Rien. C'est pourtant de ce Rien qu'allait naître la plus folle aventure jamais connue, avec toutes les complexités qu'elle pouvait apporter : la matière. Sur ce Rien qu'était l'univers régnait tout de même une loi unique :

« Ce qui sera d'une part verra son contraire de l'autre part. »

Dans le vide glacial apparurent soudain deux lueurs, il y a 10 milliards d'années ; avec elles naquirent l'espace et le temps, vaste territoire complexe. Or ce qui existait devait avoir son contraire, et la Limite naquit. L'espace-temps fut nommé l'Univers, et son opposé, l'Au-Delà.
Ces deux lueurs n'étaient autres que Solaris et Dalfamar, les premiers êtres pensants de l'univers… Ils étaient absolus, savaient tout et n'avaient besoin de Rien. Ils savaient que la Limite était fragile et que, si elle cédait, l'Univers rencontrerait l'Au-Delà et disparaîtrait… Il fallait donc la renforcer, et le meilleur moyen était de complexifier l'Univers et l'Au-Delà.
Alors commença le Jeu. L'Univers fut partagé en deux de manière équitable (étant infini, chaque moitié l'était aussi…), et les deux jumeaux bâtirent chacun de leur côté un royaume, sur un concept commun dont ils étaient convenus : proton, neutron, électron.
Dalfamar, de son côté, forgea un immense monde empli de matière, une sphère d'une taille inimaginable, parcourue de milliards de galeries. Ce Super-Astre fut baptisé le Noyau, céleste monument au milieu du rien absolu.
Solaris, quant à lui, voyant dans le vide un allié fidèle, s'attacha à créer un monde plus vide que plein, fondé sur la rotation des corps les uns autour des autres. Ce monde fut appelé le Monde Solarien : une vaste étendue de vide parsemée d'éclats de matière qui s'organisèrent peu à peu en galaxies et en systèmes stellaires, entre -8 et -6 milliards d'années.

L'Univers se construisait, se complexifiait et, par conséquent, se renforçait. La faible limite qu'était la frontière entre l'Univers et l'Au-Delà était devenue une solide muraille impalpable. Dans l'Au-Delà, tout se formait en fonction de l'Univers façonné par les Jumeaux. L'Univers et l'Au-Delà disposaient exactement de la même quantité de matière, à l'atome près. Or ce qui était un atome pour l'Univers était un anti-atome pour l'Au-Delà. Bien qu'ils dussent avoir la même quantité de matière, l'Univers et l'Au-Delà pouvaient l'agencer n'importe comment, pourvu que cela ne franchisse pas la Limite. Si bien que l'Au-Delà devint vite un « contrepoids » de l'Univers : ce dernier était sculpté par les Jumeaux, alors que l'Au-Delà n'était qu'un bloc compact de matière inerte, servant simplement à respecter la Loi unique.

Cependant, une faiblesse de taille subsistait : la volonté. Il suffisait que Dalfamar et Solaris cessent de croire en leurs mondes pour affaiblir la frontière et provoquer ainsi la chute de toute chose. Il leur fallait donc créer des volontés, des consciences ancrées et profondément convaincues de la véracité de leur monde, de sa réalité, afin de donner à l'Univers une force de maintien. Les Jumeaux créèrent un nouveau code universel : l'ADN. Ils commencèrent alors à concevoir chacun un prototype, puis une gamme d'« êtres vivants », il y a 5 milliards d'années. Les expériences se poursuivirent jusqu'à ce que les deux premières espèces conscientes et intelligentes voient le jour, il y a 200 millions d'années. Dalfamar mit au point les Uniformions (voir la page Espèces), qui commencèrent à pulluler dans les galeries du Noyau. Solaris, quant à lui, créa les Ancêtres (voir la page Espèces), dont il dériva 6 autres espèces il y a 190 millions d'années. Il choisit les 5 lieux de son monde les plus propices à l'expansion de chacune des espèces, et les y installa.
Les Humains et les Ifirides furent installés sur Sibarion, deuxième planète du système Sybar (Voie Lactée), au climat chaud et tropical. Cet astre était propice à une vie agréable, et Solaris comptait y étudier la symbiose entre deux espèces différentes. Une espèce secondaire se forma vite : les Humano-Ifirides.
Les Ténébrions, quant à eux, furent placés sur Oor Toak, cinquième planète du système Krolinkar (Voie Lactée). C'était une planète volcanique, à la chaleur écrasante et à l'atmosphère lourde. Là-bas, les Ténébrions développèrent une ténacité féroce.
Ensuite, les Optimos furent envoyés sur Optimée, première planète du système Vizen (Hedrosphera). La petite planète était fortement exposée aux deux étoiles du système, ce qui lui conférait un climat désertique favorable au développement d'une civilisation reptilienne comme celle des Optimos.
Les Squickens, pour leur part, furent lâchés sur Nydeïlyn, troisième planète du système Angeryn (Hedrosphera). La planète géante et forestière s'avéra une alliée dans la croissance de cette civilisation. Enfin, les Eukaryeutos furent implantés sur Tetilopolidiris, unique planète du système Sagaporidris (Hedrosphera), très marécageuse et peuplée d'innombrables créatures vivantes, hôtes potentiels des larves eukaryeutos.

L'apparition de ces milliards de nouvelles consciences fixa le monde comme le vernis fixe une toile. Même si Solaris et Dalfamar avaient souhaité voir leur œuvre effacée, cela n'était plus possible, car d'autres êtres conscients, parfaitement convaincus de la nécessité de l'Univers, empêchaient la fin de toute chose par leur volonté de le voir subsister.

Les civilisations des Jumeaux prospérèrent toutes, jusqu'au jour où se produisit le Grand Cataclysme… Le Noyau fut victime d'une réaction en chaîne, provoquée par une erreur de Dalfamar, qui tentait une expérience de fusion nucléaire. Une explosion terrible eut lieu, et le Noyau vola en millions de morceaux. En hâte, Dalfamar enseigna aux Uniformions survivants, dispersés dans les fragments encore habitables du Noyau, l'art de construire des vaisseaux-mondes. Une centaine d'Arches furent fabriquées, et des milliards d'Uniformions mirent le cap sur un monde mythique et lointain, le Monde Solarien, annoncé par l'un des leurs, le prophète Kliménoktar, il y a 10 millions d'années. Ce dernier n'était autre que Dalfamar, qui avait pris la forme d'un Uniformion et eu l'idée d'aller rendre visite à Solaris pour lui demander l'asile pour sa civilisation.

Chapitre deux : le Temps des Anciens Royaumes


Jusqu'en -600 000, les 6 espèces solariennes et la symbiose humano-ifiride prospérèrent sur leurs planètes respectives. Passé cette date, toutes avaient atteint un niveau de civilisation spatiale très avancé. Commença alors le Temps des Anciens Royaumes. Pendant 100 000 ans, les 7 espèces (car les Humano-Ifirides avaient revendiqué leur indépendance) s'étendirent un peu partout dans la Voie Lactée, Hedrosphera et aux confins des galaxies voisines. Ce furent des temps relativement stables, parsemés de petits conflits locaux. Seules trois grandes guerres secouèrent cette période.
La première eut lieu en -582 364 et dura 78 ans : elle opposa les Humains et les Ifirides aux Squickens, qui revendiquaient une partie de la Voie Lactée. Personne ne la remporta : les Squickens obtinrent quelques secteurs dans les galaxies voisines en échange du retrait de leurs troupes de la Voie Lactée. La deuxième eut lieu en -552 781 et dura 61 ans : elle opposa les Eukaryeutos aux Optimos. Mais très vite, les Humains et les Ténébrions furent pris à partie. En effet, les Eukaryeutos avaient traversé l'espace optimos avec une armada gigantesque. Inquiets de voir une flotte si grande dans leurs secteurs, les Optimos avaient aussitôt ouvert le feu. Les Eukaryeutos avaient le dessus, mais les Ténébrions et les Humains (qui agissaient indépendamment des Ifirides, ces derniers ne souhaitant pas prendre part au conflit) jugèrent préférable de porter secours aux Optimos, afin d'éviter que les Eukaryeutos n'imposent leur hégémonie aux autres espèces. L'armée eukaryeuto fut finalement anéantie, au prix de nombreuses vies et de 61 ans d'acharnement sanglant.
La troisième grande guerre eut lieu en -518 233 et dura 235 ans. Ce fut le plus grand conflit du Temps des Anciens Royaumes. Un diplomate ifiride fut assassiné sur Nydeïlyn, capitale squicken, par un extrémiste optimos. Les Humains prirent le parti des Ifirides et accusèrent avec eux les forces de sécurité squickens de laxisme dans les contrôles. Les Squickens, eux, accusèrent les Optimos d'avoir envoyé cet assassin depuis les hautes sphères de leur gouvernement. Les Ifirides et les Humains attaquèrent les Squickens, qui étaient déjà engagés sur un autre front contre les Optimos. Un accord fut passé entre Ténébrions et Optimos, et ces derniers tirèrent l'épée ensemble. Malgré leur isolement, les Squickens tinrent bon et maintinrent leurs frontières à peu près intactes. Pendant ce temps, les Eukaryeutos pillaient dans le plus grand secret les mondes ravagés par les batailles. La guerre se solda par un remaniement des frontières et un bouleversement des rapports entre les espèces.

Chapitre trois : le Schisme



Lorsque la flotte d'Arches uniformions atteignit les premiers mondes solariens, il y a 500 000 ans, Dalfamar fut pris d'une profonde jalousie : au lieu de contacter son jumeau, il fonça vers les mondes habités et y lâcha les siens, avec pour but de tout raser et de réduire les Solariens en esclavage.
La première planète frappée par le fléau fut Sibarion : les Humains et les Ifirides furent tous capturés, triés et déportés. Les Uniformions commencèrent à s'installer sur des centaines de planètes du Monde Solarien il y a 490 000 ans. Les Humains furent installés sur la Terre, une planète-camp de travail. Les Ifirides, quant à eux, furent séparés selon leur sexe : les femelles sur Derzée, une planète-parc naturel, et les mâles sur ParaDerzée (la lune de Derzée), une planète-usine. Les autres espèces solariennes encore libres s'allièrent et commencèrent à lutter pour le salut de leur monde, il y a 465 000 ans.
À cause de la séparation des Humains et des Ifirides, les Humano-Ifirides disparurent…
Solaris, soudain alarmé par les troubles causés par son propre frère, se rendit sur la Terre, sur Derzée et sur ParaDerzée. Constatant la gravité de la situation, il décida d'insuffler à l'Humanité et à l'Ifiridité le pouvoir de se révolter, d'être indomptables. Aux luttes défensives des Optimos, des Eukaryeutos, des Ténébrions et des Squickens s'ajoutèrent les révoltes humaines et ifirides, il y a 450 000 ans. Peu à peu, les Uniformions, rebaptisés Esclavagistes, commencèrent à perdre du terrain, il y a 350 000 ans. De nombreuses batailles rangées dans tout le Monde Solarien menèrent à la bataille de Mars, en -330 000, au terme de 20 000 ans désastreux pour les Uniformions.
En effet, à la surface de cette planète autrefois habitable s'engagea un duel entre Solaris et Dalfamar. Ce dernier, ivre de colère et de jalousie, ne souhaitait qu'une chose : l'anéantissement du Monde Solarien. La bataille dura 37 ans. Les déchaînements de forces furent prodigieux, et Mars fut totalement ravagée. C'est un jour d'éclipse du Soleil que Solaris eut l'idée d'attirer la troisième lune de Mars, afin d'écraser une fois pour toutes son frère.
La déflagration fut telle que Dalfamar ne put contenir son énergie et fut totalement submergé. Affaibli, il tomba aux pieds de Solaris. Mais celui-ci, pris de pitié pour celui qui avait longtemps été son compagnon de jeu, décida simplement de l'envoyer dans l'Au-Delà, lui et sa horde d'Esclavagistes. Là-bas, Dalfamar s'empara du titre de Seigneur du Mal et commença à rebâtir un empire : l'Empire de l'Au-Delà. Il jura qu'un jour il reviendrait, et que le Monde Solarien tomberait.
Pendant ce temps, Solaris, épuisé par toutes ces luttes, décida de se retirer quelque temps pour méditer. Il se plaça au cœur du Soleil et plongea dans une profonde léthargie.
Les 6 espèces commencèrent alors à regagner en puissance et en technologie…

Chapitre quatre : le Temps de la Discorde



Les Ifirides profitèrent de leurs grandes capacités d'organisation et de leur grande proximité avec les Humains pour les neutraliser et les faire rapidement régresser à un degré de civilisation trop fruste pour qu'ils puissent quitter leur planète. Ils gardèrent le contrôle de la situation en réécrivant l'histoire officielle et en se faisant passer pour des êtres divins : ce fut le temps des grandes civilisations mystérieuses de l'Antiquité, comme les Égyptiens ou les Olmèques.
Mais sur Oor Toak, les tortueux Ténébrions refusèrent de subir le même sort et s'opposèrent aux Ifirides : les deux espèces devinrent antagonistes, la lumière contre les ténèbres. La tension régna entre elles, la moindre étincelle pouvant suffire à transformer la Voie Lactée en champ de bataille.

Du côté de la galaxie Hedrosphera, les Optimos avaient employé une méthode semblable. S'appropriant certaines technologies des Uniformions, les belliqueux Optimos réussirent à cantonner les Eukaryeutos et les Squickens sur leurs planètes, sans leur laisser le moindre moyen de gagner l'espace. Là aussi, les deux espèces subirent une régression technologique et culturelle, oubliant jusqu'à leur histoire et végétant sur leur planète devenue leur prison, il y a 300 000 ans.

Craignant qu'une réconciliation entre les Ifirides et les Ténébrions ne nuise à leurs ambitions, les Optimos provoquèrent l'étincelle nécessaire pour que les deux espèces entrent en conflit ouvert : attisant la jalousie des Ténébrions envers les Ifirides (qui avaient reçu le « don de Solaris » pendant la guerre contre Dalfamar, contrairement aux Ténébrions), les Optimos cédèrent une infime partie de la technologie uniformienne aux Ténébrions, ce qui suffit à les rendre assez sûrs d'eux pour devenir ouvertement belliqueux, il y a 295 000 ans.

La destruction de la planète ParaDerzée et de presque tous les mâles de l'espèce ifiride (culturellement, seules les femelles ifirides étaient autorisées à gagner l'espace) fut l'incident qui déclencha une guerre farouche et sans pitié entre les deux espèces, les plongeant dans une stagnation perpétuelle tandis que les Optimos se lançaient à la conquête de l'espace voisin d'Hedrosphera, il y a 256 000 ans.

Soumis au blocus technologique des Optimos, les Squickens et les Eukaryeutos se retrouvèrent captifs de leur planète natale. Les Squickens reprirent leur mode de vie colonisateur et mutèrent peu à peu sous l'effet de leur adaptation au milieu naturel. Leurs cocons donnèrent naissance à des formes de vie de plus en plus grosses et de plus en plus diversifiées, tandis qu'ils s'appropriaient peu à peu le patrimoine génétique des principales créatures vivantes de Nydeïlyn.
Non loin de là, sur Tetilopolidiris, les Eukaryeutos, privés de la technologie qui leur était strictement nécessaire pour se mouvoir, commencèrent à développer un mode de survie symbiotique, parasitant les systèmes nerveux des animaux qui les approchaient. De nombreuses civilisations naquirent ainsi, selon les animaux parasités, mais toutes restèrent d'un niveau social rudimentaire. Peu à peu, ces diverses civilisations eukaryeutos convergèrent vers une grande religion animiste et contemplative, qui devint le tissu même de la culture de l'espèce.

Pendant ce temps, dans la Voie Lactée, la guerre faisait rage entre le peuple de la lumière et celui des ténèbres. Cette guerre entre les Ifirides et les Ténébrions eut parfois des répercussions sur les civilisations humaines, bien que la Terre fût tenue à l'écart des conflits (ni l'un ni l'autre ne tenaient à voir les Humains se réveiller et repartir à la conquête de l'espace : eux aussi avaient reçu le « don de Solaris ») ; ainsi naquirent les nombreuses légendes d'anges et de démons des grandes mythologies humaines.

Chapitre cinq : le Temps de l'Envol



C'est pourtant l'une de ces répercussions qui allait tout changer. À la suite de la grande bataille de Mercure, un vaisseau ténébrion s'écrasa sur la Terre, près de la ville de Roswell, en 1947. En quelques dizaines d'années, les Humains se réapproprièrent la technologie spatiale et reprirent la route des étoiles, le « don de Solaris » les poussant à se surpasser toujours plus… tout comme leurs instincts guerriers. Les Humains s'éveillèrent et retrouvèrent une place dans la Voie Lactée. Les Ifirides et les Ténébrions, des civilisations affaiblies par des millénaires de guerre féroce, n'étaient plus que l'ombre d'eux-mêmes.

Cette nouvelle émergence attira l'attention des Optimos, devenus arrogants après des millénaires de règne galactique incontesté. Les flottes optimos convergèrent vers la Voie Lactée afin de rétablir l'ordre, en 2412. Face à la menace optimos, alors que leur propre espèce était affaiblie, les Ifirides se rapprochèrent des Humains, espèce dont ils avaient toujours été proches : l'alliance entre les deux espèces se noua alors pour barrer la route aux Optimos. De ce rapprochement naquirent les premiers Humano-Ifirides, seul croisement interespèces connu à ce jour… sans doute parce que ces deux espèces avaient longtemps cohabité sur Sibarion.
La civilisation ifiride se redressa, s'appuyant sur le formidable envol des Humains. Les Ténébrions, eux, ne parvinrent pas à se relever de leur déchéance, plongés dans leurs propres luttes intestines.

Les belliqueux Humains permirent alors aux sages Ifirides de faire le poids face à l'écrasant empire optimos, portant même les affrontements au sein de la galaxie Hedrosphera après 2456. La CRC fut alors fondée, en 2458, pour donner une scène politique à la guerre ; les quatre espèces y étaient représentées, même si les Ténébrions n'y jouaient qu'un rôle de figuration. Harcelés sur tous les fronts, les Optimos décidèrent alors, dès 2463, d'utiliser les Squickens comme arme biologique, en les implantant artificiellement sur les planètes ciblées pour que les insectes s'en emparent par leur féroce colonisation.

Une bataille aux alentours de Tetilopolidiris ramena accidentellement les Eukaryeutos sur le devant de la scène : des vaisseaux s'écrasèrent sur la planète, brisant le blocus technologique imposé par les Optimos et apportant aux Eukaryeutos les données technologiques qui leur faisaient défaut depuis des millénaires. Redécouvrant la robotique, les Eukaryeutos parvinrent à se passer de leurs supports symbiotiques animaux au profit de supports mécaniques, qui leur offraient des possibilités infinies. Comme l'incident de Roswell l'avait fait pour les Humains, la bataille de Tetilopolidiris donna aux Eukaryeutos les moyens de reprendre la route des étoiles et de reconquérir leur dignité, en 2467.

Cet événement semblait marquer la fin de la suprématie optimos, et plus rien ne paraissait pouvoir arrêter la machine de guerre de l'alliance entre Ifirides et Humains. Les Optimos furent contraints de signer une trêve, puis la paix avec les Humains et les Ifirides, en 2469.

Chapitre six : le Temps de la Rupture



Alors que toute l'attention se portait sur la galaxie Hedrosphera, où les Eukaryeutos demandaient à rejoindre la CRC, les Ténébrions, à la recherche de technologies uniformiennes, redécouvrirent par hasard la planète Sibarion et les archives ifirides. Pour se venger de leurs ennemis de toujours, ils livrèrent alors aux Humains les preuves irréfutables du rôle pernicieux et déterminant des Ifirides dans leur régression technologique et culturelle.

Cette révélation porta un coup fatal à l'alliance entre les Humains et les Ifirides, l'agressivité des Humains se retournant soudain contre les Ifirides. L'alliance sacrée s'acheva brutalement, et les anciens alliés s'affrontèrent. Les Optimos n'eurent pas le loisir d'en profiter : les Squickens (qu'ils utilisaient comme arme biologique) venaient d'échapper à leur contrôle. Les insectes colonisaient les usines des planètes qu'ils ravageaient, transformant les industries en ruches pour y produire leurs propres vaisseaux. Les Squickens s'ouvrirent brutalement la voie de l'espace, colonisant les structures ennemies terrassées. Blocus et mises en quarantaine n'y suffirent pas : les Squickens s'emparaient des structures et des flottes optimos à une vitesse fulgurante. Bientôt, eux aussi demandèrent à rejoindre la CRC, sur la suggestion des Optimos, qui espéraient y trouver des arrangements moins coûteux pour les leurs.

En effet, le rôle de la CRC avait soudain évolué avec la scission entre Humains et Ifirides : les discussions devinrent égalitaires, et aucun camp ne parvint plus à dominer à lui seul l'ensemble de la CRC. De véritables décisions politiques y furent désormais prises, offrant ainsi un nouveau théâtre aux affrontements entre les différentes espèces.

Pendant ce temps, les Humains se vengeaient des Ifirides par tous les moyens possibles ; les attaques visant leurs redoutables réseaux bancaires prirent la forme de virus informatiques de plus en plus élaborés. Les virus finirent par muter et échapper à leurs créateurs. L'infection d'un méga-ordinateur ifiride donna une conscience exacerbée à une intelligence artificielle, faisant sauter ses verrous. L'IA se mit immédiatement à se propager pour assurer sa survie, donnant naissance aux Machines.

Lassés des affrontements entre les deux espèces dont ils étaient issus, les Humano-Ifirides décidèrent de revendiquer leur neutralité dans le conflit en proclamant leur indépendance. Avec les Machines, ils rejoignirent eux aussi la CRC, afin d'obtenir une reconnaissance officielle.

La CRC eut un effet dévastateur sur l'unité des espèces : elles se divisèrent, se mélangèrent, et là où chaque espèce avait son empire naquirent de multiples empires mixtes, même si certains ne comptèrent jamais qu'une seule espèce.
C'est alors que, tandis que les huit espèces étaient noyées dans leurs conflits et leurs différends, survint la découverte du propulseur transgalactique, qui donna aux huit espèces les clés de l'hyperespace et du voyage intergalactique lointain ! Tous se tournèrent vers ces horizons désormais accessibles, pour s'étendre au-delà des espaces proches, jusque-là trop disputés. Hedrosphera perdit de son attrait, et la Voie Lactée devint le cœur des empires solariens.

Chapitre sept : le Retour de Dalfamar



C'est au moment où l'on s'y attendait le moins que se manifesta le retour de Dalfamar. L'apparition mystérieuse d'un certain Karazok, proférant des menaces à l'encontre de Solaris, n'éveilla pas les soupçons. Il s'agissait en fait de l'un des meilleurs officiers uniformions de Dalfamar. Quelques jours plus tard, le Seigneur Noir foulait l'Univers solarien.
Il commença par annexer une galaxie entière avec son immense flotte : Garondall. Il établit ensuite un poste avancé sur Xoordax, puis fortifia ses positions avant d'aller plus loin.
Solaris, alerté de la présence de Dalfamar, sortit de son profond sommeil et réapparut ainsi aux yeux des Solariens, qui en étaient venus à ignorer son existence, ou ne l'évoquaient plus que dans des légendes prophétiques. Il entreprit la construction d'une immense flotte pour ses Solariens.
Au même moment, les principaux commandants solariens préparaient leurs défenses et échangeaient des menaces avec Dalfamar. C'est l'une de ces menaces, proférée par Vicenzo, qui poussa le Seigneur Noir à venir l'écraser sur Andrilude. Contre toute attente, Dalfamar fut repoussé une première fois avec l'avant-garde de sa flotte. Il détacha alors une plus grande partie de son armée et revint en masse sur Andrilude, accompagné de Taya et de Karazok, ses deux officiers. Les commandants présents commencèrent alors à pâtir sévèrement des affrontements. Quand Dalfamar eut acquis assez d'influence sur Andrilude, il la détruisit en invoquant le chaos cosmique. Tous les astres de la galaxie se percutèrent, les étoiles s'effondrant en supernovas et les trous noirs libérant de meurtrières explosions d'antimatière.
Heureusement, les commandants de la galaxie eurent le temps de s'échapper et mirent le cap sur Xoordax, résolus à mettre un terme aux avancées uniformiennes. Parmi eux : Elmonegask, Vicenzo, Swuisum, Shaani et Némésis. Une lutte colossale pour Xoordax débuta et s'éternisa. Cependant, prenant conscience de l'avancée inéluctable des Solariens, appuyés par la flotte de Solaris venue en renfort, Dalfamar décida de sauver ce qui lui appartenait encore, et de revenir plus tard. Puisant dans ses forces, il aspira Xoordax et Garondall et les emporta avec lui dans l'Au-Delà. Les commandants présents sur Xoordax se retrouvèrent mystérieusement dans la Voie Lactée. La guerre était finie, et la victoire au rendez-vous. Nul n'ignorait qu'il reviendrait certainement, encore une fois, toujours plus redoutable.

Chapitre huit : l'Holocauste Nova



Après la grande guerre contre Dalfamar, l'univers entier fut affaibli ; la vie reprit pourtant son cours, et les conflits entre Solariens aussi. Ce fut une période tranquille, faite de petites guerres locales. Cependant, dans le secteur A1, la froide intelligence artificielle X-100 projetait de pacifier sa zone et d'en faire un sanctuaire, tandis que le Grand Protecteur Swuisum, de l'Empire mikdémian, et Sgalia la Valkyrie lançaient une vague de pacification, en détruisant systématiquement les flottes les plus puissantes.
L'application des deux plans plongea la galaxie entière dans le chaos. Un mouvement de Résistance se forma, et de petites attaques furent lancées afin de ralentir les conquêtes mikdémianes.
Alors que la guerre battait son plein, une petite société de recherche en armement découvrit l'arme qui allait changer le cours des choses : la bombe nova. Ce missile de 15 mètres reproduisait la mort d'une étoile pour provoquer une terrible explosion. Le premier essai eut lieu sur une lune déserte de la planète Farag (système Faragas, Voie Lactée). La déflagration fut telle que la torpille creusa un cratère de trois cents kilomètres de diamètre et souleva un gigantesque nuage de particules qui enveloppa la petite lune. Certaine de l'avenir de ce missile, la petite firme le produisit en série avant de l'écouler sur le marché de l'armement. En quelques semaines seulement, tous les empires disposaient d'un stock conséquent de missiles nova.
Devant la menace que représentait ce missile, tous les conflits armés cessèrent, de peur de déclencher l'Holocauste.
Un groupe de terroristes savait pertinemment qu'un écart serait fatal. Ils réussirent à se procurer l'une des terribles ogives et la lancèrent sur un monde habité : Hivar. Les empires s'accusèrent mutuellement de cet attentat, et une guerre aux missiles nova éclata. En une dizaine d'années de conflit global, la Voie Lactée fut purgée de tout grand empire.

Le joyau de la civilisation, la Voie Lactée, n'était plus…

La paix s'imposa d'elle-même lorsque les derniers regroupements de planètes éclatèrent. Un long silence interstellaire s'installa. L'espace habité, autrefois grouillant de vaisseaux et de stations, n'était plus qu'un vaste champ de débris flottants. Beaucoup de savoirs technologiques avaient été perdus avec la destruction des grands centres scientifiques des capitales des principaux empires… La reconstruction fut longue : un siècle s'écoula avant que certaines colonies ne soient de nouveau en mesure de produire des vaisseaux et, une fois de plus, ne repartent à la conquête des étoiles !