Ambassade Générale
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Un nouveau Départ, bien malgrés lui. Archivé
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Par la baie de passerelle, l'Amiral observait les restes incandescents du transport civil poursuivre leur route en direction de la petite planète forestnière, à quelques cinq-cent mille kilomêtres en contrebas. Un dernier soubressaut du réacteur à l'agonie foréa la grande baie de m�taglass à s'opacifier momentan�ment, pour finallement n'offrir plus que le spectacle d'une coque déchir�e et sans vie. L'Amiral profita de ces instants de d�l�ctations; il savait que son plaisir ne durerait pas, et que son à conseiller à ne tarderait pas à réagir. Celui-ci en effet, surmontant l'apparente surprise qui l'avait saisi lorsque la première salve avait atteint son but, vint ostensiblement faire tinter les décorations sur sa poitrine, l'identifiant comme Grand Conseiller d'Etat auprès de la flotte. après quelques tentatives infructueuses pour protester, sa bouche s'ouvrant et se fermant de manière incohérente, il fit un moulinet en direction des restes incandescents qui ne tarderaient sans doute pas à finir leur course sous la forme d'une flaque de métal fondu à la surface de Rigali. Inspirant profondément, l'Amiral choisit de l'ignorer délibérément. Venant au secours de son supérieur en difficulté, un aide-conseiller à la flotte traversa la passerelle jusqu'à leur hauteur. D'après la Chambre, ces aides étaient là pour seconder l'Amiral et son Conseiller d'état dans la prise de décisions. Ils étaient acrédités pour accéder à toute les sections du navire, et pouvaient si besoin était dégrader ou nommer des officiers. En réalité, il le savait bien, l'Amiral avait là un trium vira d'espions chargés de suivre les moindres de ses gestes et de les rapporter à leurs responsables. é -Amiral, je pense que le Grand conseiller souhaite exprimer son indignation quand à la disproportion dont vous avez fait montre vis-à-vis d'un navire civil non-agressif.� Le Grand Conseiller fut comme libéré. �-Vous avez agit parfaitement à l'encontre des règles d'engagement telles que définies par le tra�t� Rouge! Le refus de soumission à l'identification au contrôle spatial n'aurait d'entraîner que la saisie et la fouille du vaisseau ainsi que la mise aux arrets de son équipage!! Vous avez ordonné la destr... -Conseiller Niel, épargnez-moi vos rappels de la procédure je vous prie. Cet appareil a refusé à deux reprises de s'identifier, dans un secteur sensible. Je nous ai simplement évité une catastrophe. L'ennemi est partout, vous l'apprendrez vite à bord. Vous êtes ici sur un batiment de guerre, pas dans la salle du conseil de So-dem.� prêtant sourde oreille aux protestations stériles de Niel, l'Amiral perdit son regard dans l'immensité glacée au dehors. Quatre déc�nnies à la tête de la plus grande armada du cadran, un nombre incalculable de batailles remportées, des centaines de mondes soumis, bien d'autres simplement oblitérés. Des milliards et des milliards d'habitants vouant un respect craintif au bras armé du Shan, redoutant même de lever les yeux vers le ciel, par peur d'y apercevoir la silhouette menaçante du Tenuijah, prêt à offrir à la planète le ch�timent le plus répandu dans le shaniat; la mort. La mort, qui nous débarassait des faibles. La mort qui servait d'exemple. Mais pas de cette mort gratuite, de ces exécutions de pure vengeance. La mort qui poussait à servir le shahiat de toutes ses forces, et s'en voir grandement récompensé, ce qui était la deuxième chose la plus facile à obtenir. L'amiral tourna son attention sur le conseiller. Que serait devenu cet homme sous le régne du Shan? En réalité, qui était-il à cette époque? Peu entreprenant, couineur, fouineur...Il ne faisait aucun doute qu'il n'avait jamais s� se rendre digne du shaniat. Devenu bureaucrate de haut rang, il était sans doute assez attentif pour ne pas avoir fait d'erreur lui valant de servir d'exemple. Rien de plus. Son auxilliaire, en revanche serait peut-être devenu ahjban, obtenant le commandement d'une dixaine de soldats. Son jeune âge à un tel poste cautionnait un fort potentiel, il aurait peut-être même fait son chemin jusqu'à obtenir plus. Ou au contraire. De nombreuses fonctions étaient occupées par les premiers venus, tant le renversement du Shan et la purge qui s'était ensuivie avaient été sanglants et déraisonnés. De nombreux hommes expérimentés avaient été exécutés pour leur allégeance au shahiat, laissant de nombreuses places innoccupées. L'Amiral, lui, avait eu la chance de n'être découvert qu'après le refroidissement des esprits, et la prise de conscience des grossières erreurs qui avaient été comises. L'amiral du plus grand conquérant du secteur possédait certainement certains atouts nécessaires à la naissance d'un ordre basé sur la justice et l'�galité sur les cendres encore fumantes d'un empire aggressif et expansionniste. Un rapide examen des officiers et op�rateurs de passerelle lui révéla de nombreux regards hostiles à l'égard du pantin qui s'�vertuait à lui rappeler la peine encourue pour de telles décisions arbitraires et expéditives. Ah, oui, la dégradation. L'emprisonnement, la peine capitale peut-être. Oui, les même peines guettent mes officiers. Mais pas tant que je vous serais nécessaire. é -Que diriez-vous, conseiller Niel, de partir dicter immédiatement votre rapport dans vos quartiers? Mes hommes ont besoin du calme que vous leur refusez pour travailler et j'ai pour ma part à faire de mon côté. � Avant que ne s'élèvent les protestations, cette fois sur le temps insuffisant qu'il passait à son poste, sa plate-forme s'�branla, pour enfin l'entraîner dans les entrailles du navire, où l'y attendait un travail autrement plus important. Son vrai travail. |
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Haute de plafond et richement décor�e, la Chambe empruntait aux plus grandes salles de décisions de la vieille Terre, à l'époque pré-spatiale. Gunicus le savait, il avait regardé de nombreux holos à ce sujet. Très document� sur la Terre de cette époque, en tant qu'elle représentait leur symbole du social-démcratique, il pouvait se vanter de compter parmis les plus grands démlogistes, haut fonctionnaire, Grand Annonceur auprès de la Chambre. Sa seule tâche était d'�numèrer les sujets au programme du jour, puis d'écouter les cinq discuter, se disputer parfois, mais toujours pour le bien des citoyens et dans le but de nettoyer la nation de la misûre, confortablement enfoncé dans son fauteuil Louis XIV, légèrement à l'écart de la grande table en noyer verni et grav� de longs motifs torturés et serpentins.
Les cinqs étaient en ce moment engagés dans un débat passionné sur les mesures à prendre à l'encontre des citoyens se rendant coupables du délit de propriété privé. Vernius Calien, du tréfond de ses trois-cent-soixante-quinze livres de gras agitait ses bourlets en faveur de mesure extrêmes; le délit de propriété privé offrait un risque intol�rable de réapparition des inégalités, ils ne pouvaient fermer les yeux mais faire des exemples pour rappeler aux citoyens que leur bien nécessitait la mise en commun. Sandy Nolan, bedonnant lui aussi, expliquait entre chaque bouffée de Nijhana, que la création de différentes classes de citoyens mettrait un terme au problème. Les citoyens des classes inférieures souhaitant étendre les possessions que leur accordait So-dem n'auraientqu'à intégrer une classe supérieur de citoyenneté. Biensûr, il faudrait veiller à marquer un réel foss� entre chaque classe, pour que le délit de propriété subsiste et que la justice puisse continuer à accomplir sa tâche; chasser les ennemis du peuple. Et ainsi, la Chambre respecterait le tra�t� rouge en assurant la répartition �galitaire des biens parmis les citoyens, en attribuant à chaque classe un certain quota de possessions. é Mes amis, nous pourrons par l�-même paver la voie à la r�introduction de l'antique découpage de la société en ordres! Un tel systême ayant eu cours pendant si longtemps sur la vieille Terre a sans doute beaucoup à apporter à So-dem. � Les informations qu'avait gl�nées Gunicus à propos des anciens ordres les lui présentaient comme un découpage assez étrange. Une classe disposait du droit de se battre, une autre du pouvoir de travailler, et la dernière enfin, s'occupait de l'�ducation du peuple. Il savait que des troubles apparaîtraient si la proposition de Nolan était acceptée; certains pensaient que ce découpage ne respectait pas la vision social-démcratique. Gunicus, quant à lui, se demandait comment un tel systême, venu droit de l'époque pré-spatiale, aurait pu ne pas respecter ces idéaux. La vieille Terre était le modèle de So-dem. Cyran lui-même avait guid� les foules révolt'es vers la victoire en citant le Manifeste du parti communiste sur fond d'Internationale. Les références de Cyran à la vieille Terre avaient été si fréquentes que, sept ans après sa mort, les recherches historiques sur le berceau de So-dem avaient presque été sacralisées. Non, l'ancien systême d'ordres ne pouvait foncnièrement rien avoir de mauvais. Il était simplement étrange et il fallait le temps de s'y adapter. La formidable horloge suspendue au-dessus de la table coupa subitement court aux débats sur le bien commun, et chacun se leva, déjà tout entier à ses propres préoccupations, prés à reprendre ses manigances pour s'enrichir sans tomber dans le délit de propriété. é Messieurs, à demain, et bonne soirée. �. Le Grand Annonceur lissa son pantalon, prit son lourd vison en peau d'h�niante sous son bras, et regarda sortir un à un chacun des gras dirigeants. Les cigares croisaient les manchettes dorr�es et les ourlets de fourrure. Des effluves de charcuterie se mélaient aux relents d'eaux de cologne, le tout dominé par les vapeurs Nijhana. Aucun des hommes ici n'avaient jamais connu la faim, et encore moins la misûre qui touchait une grande partie de So-dem. Gunicus n'avait jamais eu non plus à souffrir de ces fl'aux, et il se félicitait de n'avoir jamais porté le moindre poux sur lui. l'accès aux hautes couches de la société, les couches dirigeantes, était en effet interdite aux plus pauvres; ces derniers n'auraient pas le recul nécessaire à la gestion de So-dem, sans oublier qu'il étaient l'ennemi à éliminer. En sortant, il ne put cependant se débarasser de cette impression qui le saisissait à chaque fois. Le sentiment qu'ils fussent dans l'erreur la plus totale. Que tout cela ne soit qu'une grande com�die, et qu'ils ne fissent que tourner autour de chimères du passé, auxquelles ils ne comprenaient rien. Cette pensée le suivrait tout au long du chemin de retour, jusqu'à ce que son esprit soit accapar� par la délicieuse Lydia que lui avait accord� So-dem, et qui chasserait temporairement ses doutes par une nuit de folie, le tout retransmis sur l'holocanal pour le plaisir de tous; le bien commun en passait aussi par là. |
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